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Voiles d'illusion et initiation

Portrait de guig

 
Le bonheur et la souffrance sont indubitablement des moteurs importants de l'avancée spirituelle, de par les leçons, et la sagesse qu'elle porte avec elle. Ils apportent beaucoup à celui qui sait écouter la connaissance qu'ils portent en eux. Mais la connaissance peut, elle aussi, apporter du bonheur ou de la souffrance. L'exemple le plus flagrant de cela est le "lever de voiles" qui se produit lors de l'avancée spirituelle. En effet l'initiation amène celui qui la passe, à lever un à un les voiles d'illusions qui l'empêche de voir la "réalité".

Ces voiles d'illusions sont plusieurs, et nommés communément sous le terme de voile de Maya. Mais il n'y en a pas qu'un. Il y a ceux que notre société impose à nos yeux, afin que nous restions des "moutons", il y a aussi ceux inhérents à la nature, qui ont pour but de voiler aux yeux des hommes, des vérités qu'ils ne pourraient pas tous supporter. Car lever ces voiles n'est pas une chose aisée, et ce qu'ils cachent est parfois difficile à supporter.

Prenons tout d'abord les voiles que notre société appose sur nos yeux, des voiles de consommation, de considérations futiles, de problèmes illusoires, de fausses souffrances, et de faux bonheurs.

Tous ces voiles qui saturent l'esprit de l'homme moderne par des faux-problèmes et des fausses souffrances, et qui lui en font oublier jusqu'aux vrais. Même lorsqu'il les a sous les yeux, ces voiles l'empêchent de les voir, alors il passe à coté. Il en oublie les autres, et surtout leur souffrance, leur vraie souffrance. Il en oublie même la sienne, considérant comme souffrance des ersatz qui lui donnent l'illusion qu'il est humain, incapable qu'il est alors de chercher profondément en lui la vraie souffrance. Oubliant la vraie souffrance, l'homme est devenu nombriliste, il ne se soucie de la souffrance des autres uniquement s'il s'agit de cette fausse souffrance dont il s'illusionne lui même. Lui demande t'on de regarder la vraie souffrance des autres et il fuit, "ce n'est pas son problème". Incapable d'entendre la souffrance des autres, il est encore plus incapable d'écouter celle qu'il inflige à sa Mère. Mais ces voiles masquent aussi bien la souffrance, que le vrai bonheur. Les gens s'illusionnent sur le bonheur d'avoir une jolie maison, une belle voiture, etc.. Ils croient aimer aussi, mais ils n'aiment pas, ils s'approprient. Ils n'aiment pas quelqu'un, ils ne souhaite pas réellement son bonheur, ils veulent l'autre pour leur propre bonheur. Ils aiment pour se sentir bien, pour sentir quelqu'un à leurs cotés, pour trouver une justification à leur vie. Mais très peu sont réellement capables de vouloir sincèrement le bonheur de l'autre, surtout si cela doit se faire aux dépends de leur propre bonheur. Alors ils n'aiment pas, ils désirent, et ils prennent, mais ils ne donnent pas.

Ensuite viennent les voiles de la nature, ceux qui de tous temps ont masqué aux yeux des hommes, certaines réalités. Ceux qui masquent les ténèbres, mais aussi ceux qui masquent la lumière. Parce que l'une comme l'autre peut avoir un éclat aveuglant pour celui qui n'est pas prêt à le voir. Il y a aussi les voiles qui cachent la Souffrance, et ceux qui cachent l'Amour.

Selon les voiles que l'on soulève, on en tirera des souffrances, ou du bonheur. Mais à chaque fois, on en tirera un enseignement. Mais le soulèvement de ces voiles est quelque chose de dangereux en soi. Soulève t'on le voile qui cache les ténèbres, il y a le risque de se fondre dans ces ténèbres, de les désirer et de ne plus pouvoir en sortir. Il est si simple de plonger dans la haine, et de ne plus en ressortir. Si simple de détruire. Mais le risque contraire existe aussi, en soulevant le voile qui cache la Lumière, on peut aussi s'y perdre, l'Amour et la Lumière donnant alors au quêteur une sensation de bien être tellement puissant, qu'il peut alors ne plus vouloir s'en détacher pour ne plus souffrir. S'arracher aux ténèbres comme à la Lumière demande alors au quêteur une force morale, une volonté puissante, pour continuer sa route.

Enfin il y a les voiles qui masquent la Souffrance. Et le soulèvement de ces voiles comporte lui aussi un danger pour le quêteur : celui de ne plus voir que la Souffrance, oubliant alors le bonheur, l'amour et la lumière, il en vient à ne plus rien désirer. Ne ressentant plus que de la souffrance, et un vide indicible, il en vient à ne plus pouvoir avancer, sa volonté anéantie par la souffrance, il ne voit plus de raison de continuer. Il doit alors apprendre à trouver en lui, des raisons d'avancer, et de continuer sa quête. Trouver, en lui même, la justification de tout, trouver en lui et dans la vie elle même, les raisons de continuer à vivre. Malgré les souffrances, le quêteur doit trouver la lumière qui se cache derrière les ténèbres, trouver l'amour qui se cache derrière la souffrance, trouver le bonheur enfin s'il le peut.

Mais à chaque voile que le quêteur soulève, ses souffrances et ses joies lui apportent des enseignements, à chaque voile qu'il déchire, il avance un peu plus vers les voiles suivants, et les connaissances qu'il aura tirer du précédent voile, lui permettront de déchirer le suivant, qui à sont tour lui apportera son lot de connaissances et de sagesse.

Chaque voile amenant les connaissances nécessaires au soulèvement du prochain, une fois le premier voile soulevé, ce processus devient donc une boucle sans fin, souffrance ou bonheur amenant des connaissances qui permettront à leur tour de découvrir d'autres souffrances et d'autres bonheurs, etc... Une fois ce processus enclenché, on ne peut donc plus l'arrêter.

Soulever les voiles d'illusion, est un processus essentiel de l'initiation, de par le fait qu'ils apportent une connaissance du monde, mais aussi parce qu'ils apportent au quêteur une connaissance de lui même. Car à chaque voile extérieur qu'il soulève, il en soulève aussi un à l'intérieur de lui même, à chaque leçon qu'il tire du soulèvement des voiles externes, il en tire aussi de celui de ses propres voiles, et réciproquement. La connaissance du macrocosme lui apporte une connaissance de son microcosme et inversement. Parce que ces voiles d'illusion, ce voile de Maya, ne sont pas qu'extérieurs à l'être humain. Tout comme le monde qui l'entoure, l'homme contient des voiles qui masquent à ses yeux ce qu'il est profondément. En soulevant ces voiles externes et internes, l'homme procède à la fois à son introspection et à la découverte du monde. Il comprend alors qui Il Est, et Ce qu'Est le monde.

Il meurt alors, pour mieux renaître.